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murraylisterCapitaine Murray Lister

Capitaine, marine marchande
[NOTE DE L’ÉDITEUR : Capitaine Lister est un ami proche de Rich Wilson depuis que Rich a été secouru par Lister, à l’époque second du capitaine sur le New Zealand Pacific, et ses compagnons de bord lors d’une terrible tempête au large du Cap Horn en 1990, qui a failli couter la vie à Rich et son compagnon Steve Pettengill. Aujourd’hui, lorsque Rich part en mer, il contacte toujours Lister pour savoir où il se trouve. Rich dit qu’il se sent plus en confiance de savoir que Capitaine Lister est lui aussi en mer. Voici un court témoignage de Capitaine Lister sur sa vie en mer pour sitesALIVE!]

Un enfant de huit ans prend rarement des décisions importantes et pourtant, c’est à cet âge que j’ai décidé que je naviguerais. J’ai réalisé ce souhait à 15 ans, lorsque j’ai rejoint la Royal New Zealand Navy en tant que matelot, en 1960. Mon contrat était de dix ans et demi, ce qui m’a permis d’atteindre le rang de Premier maître de première classe, spécialisé en canonnerie et d’obtenir le titre de plongeur. Pendant cette période, j’ai été posté dans cinq navires différents : deux nouvelles frégates anti-sous-marines, une frégate anti-sous-marine datant de la Seconde Guerre Mondiale, un dragueur de mines de la Seconde Guerre Mondiale, et le plus puissant de tous, sur un croiseur de la Seconde Guerre Mondiale. Il mesurait 512 pieds et abritait un équipage de 550 personnes.

Après avoir terminé mon contrat, j’ai rejoint la marine marchande en tant que matelot qualifié, tout d’abord sur un bateau de pêche d’étude, jusqu’à ce que s’offre à moi l’opportunité d’étudier pour passer le premier certificat d’officier. Cela n’a pas été facile, car ayant quitté l’école à 15 ans, mon éducation n’était pas très bonne. J’ai acquis davantage d’expérience nautique en servant dans différents navires et en passant beaucoup de temps en mer au cours des années. J’ai passé l’ensemble des certificats d’officier nécessaire pour répondre aux exigences me permettant d’obtenir le certificat de compétence en tant que Capitaine au long cours. Cela signifiait que je pouvais commander n’importe quel navire marchand dans le monde.

À cette époque, je servais en tant que second du capitaine dans l’un des plus gros porte-conteneurs du monde, le New Zealand Pacific. Il s’agissait à ce moment-là le plus gros porte-conteneurs frigorifique du monde, pesant 61 000 tonnes et mesurant 816 pieds. Le navire transportait 1273 conteneurs frigorifiques ainsi que 1 000 conteneurs classiques.

Le New Zealand Pacific naviguait autour du monde tous les 75 jours de la Nouvelle-Zélande à l’Europe en passant par le Cap Horn – au sud de l’Amérique du Sud – et le Cap de Bonne Espérance – au sud de l’Afrique – en direction de l’Australie avant de rentrer en Nouvelle-Zélande.

Lors de l’une de ces navigations, le New Zealand Pacific a reçu le signal de détresse d’un bateau à 400 milles à l’ouest du Cap Horn, dans des mers que l’on pourrait qualifier de terribles. Bien qu’étant au milieu de la nuit, le vent soufflant à 65 nœuds, les vagues atteignant les 10 mètres, nous avons eu la chance de trouver le bateau et de secourir les deux membres d’équipage.

Le bateau, le Great American, ne fut pas sauvé mais reste dans nos souvenirs grâce au nouveau Great American IV qui participera au Vendée Globe 2016-2017.

On peut rencontrer de vrais amis partout, à n’importe quel moment. Rich Wilson et moi sommes devenus amis cet épouvantable jour de 1990, lorsque je les ai tiré, lui et son compagnon Steve Pettengill, de ce qui aurait pu être leur mort.

J’ai poursuivi ma vie en mer, ayant été promu Capitaine peu de temps après avoir secouru Rich. Grâce à des promotions, j’ai pris les commande de 18 navires différents dans les 20 années qui ont suivi, et j’ai continué à naviguer dans le monde et à visiter 61 pays différents, certains agréables, d’autres diaboliques.

Tenant une promesse que j’avais faite à ma femme, j’ai pris ma retraite en 2010, après près de 50 ans en mer. Est-ce que je recommencerais ? Oui. Est-ce que cela me manque ? Oui.