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Nous avons réalisé de très bonnes vitesses, hier, à la limite de mon seuil de tolérance du stress et de celui de rupture du bateau. Je crois qu’au-delà, la seule solution est d’en faire davantage, mais la dernière ligne droite du Vendée Globe, après plus de 100 jours en mer, n’est pas le bon moment pour cela. Nous avons atteint des vitesses de près de 20 nœuds, voire un peu plus, avec le gennaker fractionné, la trinquette, un ris dans la grand-voile, et des vents compris entre 20 et 24 nœuds. De telles vitesses n’étaient vraiment pas justifiées, à ce stade. J’ai donc opté pour la routine en prenant un ris supplémentaire dans la grand-voile au portant. Ce qui n’est pas une mince affaire.

Le gennaker fractionné doit tout d’abord être roulé (moyennant 178 tours de winch). La trinquette était déjà en place (si ce n’est pas le cas, vous devez dérouler et ajuster la trinquette). Nous sommes alors remontés dans le lit du vent, sous trinquette, de sorte que la grand-voile gonfle vers l’arrière, à distance du mât. La grand-voile peut alors être (aisément) affalée jusqu’au ris. Bordez ensuite la grand-voile (environ 50 à 70 trous de winch), ramenez-la dans le vent arrière, déroulez le gennaker fractionné, et ajustez-le (133 tours). Si vous naviguez au près, avec la grand-voile, et non au portant, ajoutez 300 tours au milieu, pour un total de 600 tours. C’est un gros travail.

Nous allions aussi vite, avec une voilure réduite, et bénéficions d’une marge de sûreté nettement plus importante en cas de problème. Le niveau de stress, pour le skipper, était moindre – ce qui n’est pas négligeable.

J’ai roulé le gennaker, par la suite, quand le vent a forci, et je suis passé au solent. Nous avons navigué tout aussi rapidement, et plus confortablement. Je suis allé affaler le gennaker fractionné, à la tombée de la nuit, et je l’ai rangé dans le coqueron. C’est un gros morceau aussi, c’est certain, mais je commence à maîtriser cela assez bien, et il ne m’a fallu qu’une demie heure. Puis j’ai hissé le câble du génois, pour soutenir le haut du mât, et je suis retourné à l’intérieur. Il faisait froid et humide à l’extérieur.

Le vent est tombé, au milieu de la nuit. J’ai effectué 300 tours de moulinet pour repasser du deuxième au premier ris, puis je suis retourné faire une sieste. J’ai envoyé le génois, ce matin, puis la grand-voile haute. Comme je l’ai dit, la navigation sur ce bateau, c’est beaucoup de travail !

Position
46° 17’N x 13° 03’O
Cap
084° vrai
Vitesse
10,8 nœuds
Carnet de bord
28 794 nm
Vitesse du vent réel
10,7 nœuds
Direction du vent réel
322°
Voilure (cliquez pour accéder au diagramme)
Grand-voile, génois

Tours de manivelle sur colonne de winch (par jour)Ampères-heures : Alternateur (total)Ampères-heures : Solaire (total)Ampères-heures : Hydrogénérateur (total)Ampères-heures : Éolienne (total)
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